01 octobre 2011

The truth is stranger than fiction

       L'univers étant sans limites, notre logique peut facilement accepter que toute création divine l'est; l'âme humaine l'est, nous le sommes. Mais tout le monde n'arrive pas à palper la profondeur des choses, à prendre conscience d'une dimension débordante de mystères, de ces - si doux - mystères qui nous entourent, qui nous composent, qui nous guident. Il existe des gens dont les seules préoccupations sont de bien manger, bien dormir, bien fourrer ce qui se fourre là où ils aiment que ça soit fourré. Je ne les en veux pas, je les envie même des fois, ils sont probablement heureux comme ils sont.

        Mais si le prix de la vérité était de s'enfermer dans un temple invisible, coupé d'un monde trop étroit, et d'y méditer, autant le faire que de se satisfaire dans sa simplicité stérile. Sinon, à quoi bon avoir en soi le souffle de Dieu... à quoi bon exister, si nous limitons notre vision au point de ne plus avoir de vision du tout ?

       
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Posté par Disembodied à 01:06 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur The truth is stranger than fiction

    C'est intéressant parce que justement j'ai beaucoup pensé à ce genre de questions ces derniers temps (grosse crise existentielle ou spirituelle, au choix) , et même si j'ai pas trouvé toutes les réponses, j'en ai gagné quelques certitudes que j'ai toujours eu au fond de moi.

    Je sais pas si c'est l'âge qui veut ça; le fait de commencer à tourner en rond dans sa vie qu'on réalise vide de sens et basée sur un conditionnement faux, mais j'ai l'impression que c'est une phase, un passage obligatoire d'illumination qu'on choisit de prendre en compte ou de laisser passer. Pour ma part j'ai décidé de tout foutre en l'air et de l'explorer à fond.

    Malheureusement, j'ai tendance à croire que comme vous dites le prix à payer pour être un illuminé passe par l'isolation voire le rejet et le néant social. Il y a un prix à toute chose, c'est dans l'équilibre de la nature on va dire. Enfin je dis "malheureusement", mais tout dépend de ce que l'on cherche. C'est pas une perte, on s'y fait très bien. Les amis n'ont jamais été obligatoires, et personnellement j'en ai jamais eu vraiment, j'en ai jamais eu honte non plus (j'ai jamais vraiment trouvé de personnes dignes d'intérêt, trop rare, surtout dans ma région) et on peut très bien s'en passer.

    Il y a un livre que je recommande souvent pour ceux qui veulent entendre des choses rassurantes concernant les grandes déceptions amicales ou sociales, c'est "Lettres à Lucilius", de Sénèque. Si vous ne l'avez pas lu, vous serez étonnée (mais pas surprise plus que ça dans le fond) de voir à quel point l'humanité n'a pas changé d'un poil en 2000 ans (voire plus ? c'est bien possible). Tout ce qui y est dit est bien d'actualité encore aujourd'hui, dans nos civilisations soit-disant évoluées.

    D'ailleurs, concernant l'isolation, il est dit justement quelque chose comme "je ne me sens jamais autant humain que lorsque je me retire de la foule". Paradoxalement, on se sent plus spirituellement en harmonie avec la notion d'humanité et le rêve humain de rejoindre le divin et d'élever son âme, de connaître l'extase et la pureté, que lorsqu'on commence à se retirer de l'humanité même. Et c'est bien vrai.


    Et donc j'en viens à ça :
    "Mais si le prix de la vérité était de s'enfermer dans un temple invisible, coupé d'un monde trop étroit, et d'y méditer, autant le faire que de se satisfaire dans sa simplicité stérile "

    Pour l'avoir fait il y a plusieurs années et le vivre encore aujourd'hui, je peux dire que je le regretterai jamais. C'est la plus belle chose qui me soit arrivé. Je le recommande d'ailleurs à quiconque en a marre de ne pas trouver sa place dans ce monde et faire semblant chaque jour. Quiconque veut s'épanouir, vivre une vie non biaisée et altérée par les intrusions sociales, basée sur des choses qui ont du sens, autre que d'éternel cycles de divertissements qui ne mènent nulle part (sans les bannir non plus, il faut savoir se relâcher de temps en temps ). Ma vie personnelle intérieure est devenue riche, mon temps m'appartiens et je n'en fais cadeau qu'aux seules personnes que je juge dignes de le partager.

    Mais je pense que l'humanité (du moins dans nos pays "développés") commence à être blasée du monde entier. Il n'y a plus aucun mystère, de grand rêve commun, tout a été découvert ou presque. Il y a trop de monde, la chair n'a plus beaucoup de valeur morale (de la valeur marchande ça oui). Et c'est pas un bon signe quand on voit que tout ce qui est acclamé et mis en avant sont le sexe et l'argent, la débauche, l'avilissement, la stupidité, le voyeurisme et j'en passe.

    Les gens ne font plus de choix, ils se contentent du moins pire de ce qu'on leur propose. La plupart ne veulent pas risquer de ne plus répondre aux attentes des autres. Si les gens commençaient ne serait-ce qu'à éteindre leur télé définitivement et ne plus accorder autant d'importance à ce que font les autres, aux groupes, aux marques et toute forme d'appartenance religieuse, politique et même culturelle, ils se rendraient un peu mieux compte des choses et des choix qui leur seraient disponibles, de cette vraie liberté qui soulage, et du temps personnel qu'ils gagneraient surtout.

    Posté par Nuü, 03 octobre 2011 à 04:25 | | Répondre
  • Merci de m'avoir écrit tout ça !! C'est tellement vrai que ça en devient touchant. Les images que tu postes sont belles, soit dit en passant.

    Posté par disembodied, 09 octobre 2011 à 01:40 | | Répondre
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